La neige est enfin tombée

cela dépend de la saison
ou du buisson
sous lequel il s'est caché
pour regarder la pluie tomber

mon chat sent la menthe fraîche
la capucine, le pétunia
la groseille en plein été

au printemps c'est le lilas, 
ou bien la fleur du cerisier
- cette branche qui s’alourdit
de merles venus le narguer -

en été c’est le parfum
puissant de l’aube sous le figuier

celle poivrée du néflier
pris d’assaut par la rosée

en septembre, c’est l’odeur du géranium
à son oreille
qui me réveille car je sais
que l’automne est arrivé

mais celle qui me fait me lever
n’a pas de poids, de profondeur,
c’est celle vide du silence
qu’il me rapporte au bout du nez

s’il l’a glacé, son nez,
je sais

que la neige est enfin tombée


Sylvie M. Miller

29 septembre 2014

Tes Ecureuils (pour Félix)

Grandir au rythme d'écureuils
Qui font des huit
Autour des branches
A peine à quelques pas
- Sans toi
Pendant toute ton enfance 
Tu les a vus
Pendant que tu
Prenais ton petit-déjeuner,
Croquais une pomme,
T'entêtais
A faire se lever le soleil
Aux quatre coins de tes dessins,
A faire qu'une troupe d'éléphants
Ait tant de papas
De mamans
Qu'elle puisse s'ébranler
Dans le feu de la savane
Sans jamais perdre ses enfants
Mais voilà
Tu as grandi
Moi là bas et toi ici

Je ne t'aurais pas vu troquer
Tes carnets pleins de magie
Pour des cahiers d'écolier

Je ne t'aurais pas vu tracer,
Dans l'herbe haute des savanes
Ou sur le dos d'un éléphant,
Tes écureuils sur le papier


3 février 2014
Montréal

Un Coco pour les Oiseaux

Si tu me trouves un coco vide
J’y logerai tous les oiseaux
Si tu me trouves une arachide
Je les y ferai manger
Et si tu leur tends la main

Ils viendront tous s’y percher!


Sylvie M. Miller

L'Ile aux Oiseaux

Je te parle d’une île perdue sur l’Océan.

Une parcelle d’archipel qui s’en serait détachée pour se promener au vent. On ne l’aperçoit jamais que flottant sous les averses et, bien que souvent on la prenne à se chauffer aux arcs-en-ciel, elle s’évapore après la pluie.

On la dit verte de forêts, on dit aussi que dans sa baie, dauphins,tortues et baleines aiment à batifoler. On dit qu’elle est remplie d'oiseaux, de beaux oiseaux de barbarie. Or chacun sait que ces oiseaux ne font leurs nids que dans les  bassins d’aquarelles.

Manu l’a vue. Il en a même rapporté une histoire à faire rêver.

Il péchait un beau matin, à l’extérieur de son lagon, lorsque la houle se leva. De gros nuages, à l’horizon, s’amoncelaient et puis la pluie s’est abattue, chaude et violente sur Manu.

Sur sa pirogue ballotée dans tous les sens, Manu gardait les yeux rivés sur son lagon qui s’éloignait. Lorsqu’une île est apparue, à quelques vagues de lui.

Bien qu’on lui ait souvent parlé de cette île qui voguait entre les grands continents, Manu savait qu’aucun bateau, aucun pêcheur n’avait pu la rattraper. Et lui, la voyait dériver, à peine à trois coups de pagaie, jusqu’à ce que sa pirogue chavira sur le rivage…

La pluie continuait de tomber, trempant tout le paysage. Une forêt de cocotiers venait déborder sur la plage et Manu s’y engagea. Mais un tremblement soudain gronda dans les cocotiers!

Manu n’est pas seulement curieux, il est aussi est très courageux. Il s’enfonça parmi les arbres alorsqu’un nouveau tremblement se fit sentir plus fort qu’avant! Et plus le garçon s’avançait, plus le vacarme ébranlait jusqu’aux troncs d'arbres, aux fougères, même la terre sous ses pieds.

Le coeur transi par tous ces bruits, Manu gravit le sentier parmi les pierres qui s’éboulaient,  jusqu’à ce qu’il fut arrêté par des rochers. Après eux, une clairière ouvrait l’ombrelle des feuillages sur les vallées et puis la mer. Et devant lui se pavanaient, des couples d’oiseaux magnifiques.

Etaient-ce là ces beaux oiseaux que l’on disait de barbarie? Mais en y regardant mieux, Manu comprit qu’ils se battaient! L’un contre l’autre, ils se jetaient et retombaient de tous côtés. 

Lorsque l’un d’eux se déchirait, comme du papier de soie, les autres continuaient, comme si leur vie en dépendait…  Et chaque fois, ce grondement qui délogeait tous les rochers!

C’était un torrent ventru, assourdissant et feuillu, qui s’esclaffait sur les pierres!

“Encore! Encore!” tempêtait-il en se tortillant de joie! Il écumait de plaisir et les oiseaux se bousculaient tant ils étaient épouvantés…

Or, soudain, une éclaircie pointa son joli minois juste au-dessus de la clairière. Plus d’un oiseau leva son bec, dressa ses pattes pour voler, mais ses ailes aspergées par les ondées du torrent le retenaient prisonnier…

Devant autant de malice, Manu du se dominer pour ne pas bondir de rage. Mais s’il s’était aventuré à sauver les malheureux, le monstre l’aurait noyé dans son antre-marécage...

Manu glissa dans les fourrés, cherchant comment le contourner lorsqu’il perçut le va-et-vient d’une eau vive retenue contre son grès dans les fougères..

Entre les pierres, à ses pieds, s’entrechoquaient de gros œufs pâles et cabossés. Leur coquille était glacée tant leur couche était trempée. Ça n’était pas moins qu’une cage où le torrent les retenait, interdisant à la lumière d’y venir les réchauffer!

Ils étaient si rabougris, si meurtris, que l’enfant, pris de pitié se mit à les libérer. Il déplaça quelques pierres et les poussa dans le courant qui s’échappait de la clairière.

Alors, pour suivre le ruisseau, Manu bondit sur les galets, déboula sur les rochers, dévala tous les sentiers, jusqu’à l’entrée de la vallée.

Une rivière y lézardait derrière son rideau de pluie et, au travers, en jaillissaient des serpentins de coloris.

C’était un bassin d’aquarelles, une fontaine d’arc-en-ciel.

Réchauffés, réconfortés, les œufs s’ouvrirent à qui mieux mieux, laissant paraître à leurs coquilles des oisillons de barbarie. Il y en avait partout, dessus, dessous et tout autour, gros et joufflus comme des joujoux.

Ils s’envolèrent vers la clairière et se chargeant des prisonniers, ils s’élevèrent comme des ballons.

Sur quoi le torrent, furieux, éclaboussa ciel et terre!  Voici que ses toupies s’élançaient hors de la pluie! Qui donc osait délivrer tous ses jouets préférés?!

Il se mit à fulminer, mobilisant sur la vallée toutes les eaux qu’íl commandait: les eaux saumâtres des marais, les eaux stagnantes des fourrés, les eaux dormantes qu’íl prenait toujours plaisir à égarer!

A tout moment, l’île risquait de repartir sur l’Océan et Manu serait perdu! Il s’élança vers la mer et, comme par enchantement, se retrouva sur la plage où sa pirogue l’attendait.

Au même instant, ivre de rage, le torrent tambourina sur le sommet des volcans mais Manu poussait déjà sa pirogue dans les vagues. Il commençait de pagayer, lorsque l’île vacilla.

Puis disparut.

Le soleil s’était remis à vibrer sur le lagon où l’arc-en-ciel trempait un pied.

Manu aurait pu rentrer. Oui, mais Manu attendait.

Il attendait les oiseaux.


Et, bientôt, ils s’échappèrent, de ce côté de l’arc-en-ciel. C’était un flot de cerfs-volants!


Sylvie M. Miller

L'allumeur d'étoiles

Un petit garçon rêvait d’allumer les Océans, alors il avait tapissé tout le fond de son lagon des nacres qu’il avait péchées.

Un soir, la lune fit tomber ses écailles dans la mer.

“J’ai un trou dans mon filet, une maille qui a laché! Venez vite, il faut m’aider!” On dépécha les couturières, un dépanneur de lumière en attendant de retrouver ses étoiles qui filaient.

Les couturières n’avaient pas les aiguilles qu’il fallait, les dépanneurs, pas de lampions ni d’echelle pour monter. Alors la lune se baissa pour voir ce qui scintillait sur le fond de l’Océan.

“Mais, c’est une voie lactée! Qui a pu faire ce travail? C’est un allumeur d’étoiles! Un des meilleurs, assurémment. Qu’on me l’amène, sur le champs!”

Le petit garçon monta, chargé de son bric à brac et de son panier de nacres. Il en sortit une guirlande, des perles et des coquillages qui rivalisaient d’éclats! Il fit si bien son métier qu’on entendit les piroguiers qui le félicitaient d’en bas!

Alors, ravie de ses talents, la lune sortit de son sac les écailles qui  restaient: la Croix du Sud et Orion qui sont les décorations de tout Allumeur d’Etoiles.

Quant à celle du Scorpion, ça n’est pas une médaille, mais un petit margouillat* qui passait simplement là et qui s’est aussi retrouvé avec un nouveau métier!



Sylvie M. Miller

* margouillat : lezard, geko dans les Iles sous le Vent.

Le Chat, le Rat et l'Araignée

Une Araignée se reposait
Sur une feuille de manguier
“Cache-moi vite!” dit le Rat
“Le Chat voudrait m’attraper”

“Parles-tu de ce Chat là
Qui brise ma toile sans arrêt?
Je suis trop faible pour t’aider
Mais toi, le Rat, tu es rusé!
Tu n’as pas besoin de moi…”

Et voyant le Chat s’approcher,
Les deux compères sur la branche
Se mettent à trembler…
Et puis il leur vient une idée:

“Attention!” crie le Rat
Au Chat tout étonné,
“Vous êtes bien la Mouche
Qui court un grand danger?”
“La Mouche? Quelle Mouche?
Est-ce de moi que vous parlez?”
“Oui! Il y a là une Araignée
Toute noire, toute velue
Qui veut vous manger tout cru!”

Le Chat n’en croit pas ses oreilles
Lui serait-il poussé des ailes
En plein milieu de son sommeil?
Et voici que le Rat le chasse,
L’Araignée gonfle sa tignasse!
Et devant l’horrible menace
Le Chat fuit sans laisser de trace!

Et c’est depuis ce moment-là
Que les chats marchent à pas comptés
Au cas où ils se les prendraient
Dans une toile d’araignée.                            


                             Sylvie M. Miller


L'Huitre et le Bernard l'Hermite

Secoue tes bras et montre-moi
Comment les arbres s’agitent
Et je te raconterai
L’histoire du bernard  l’hermite

Un petit bernard l’hermite
Cherchait dans les coquillages
Une maison à squatter.

Il y a là un gros burgot
Beaucoup trop lourd pour son dos,
Une bernique sympathique
Mais trouée de courants d’air,

Il arrive près d’une huitre
Qui s’ouvre pour le faire entrer:
“Essuyez-vous bien les pieds
Avant de vous endormir!”
Bernard l’hermite est tête en l’air
Il oublie de se laver;

“Aie, ouille! Ca chatouille!
Il faudra tout balayer
Tout laver, tout tapisser
Pour ne plus m’égratigner!”
Dit l’huitre courbaturée…

Et c’est pourquoi désormais
Pour rendre son lit bien douillet
L’huitre est devenue tisseuse

De perles rondes et soyeuses.… 



Sylvie M. Miller

Le Poussin qui Boude

Lève ton coude
Et bois ton lait
Avant que je n’aie terminé
L’histoire du Poussin qui boude

Ce matin Maman Poule est ennuyée
Petit Poussin est faché.
Il ne veut pas se promener,
Il ne veut pas jouer!
“Qu’as-tu donc Petit Poussin,
Est-ce que la pluie t’a mouillé?”
“Non, je sais bien me protéger
Sous la feuille du bananier.”
“Est-ce le crabe qui t’a pincé?”
“Quand le crabe sort de son trou,
je prends mes jambes à mon cou!”
“Est-ce le merle qui t’a chassé?”
“Non, je ne picore jamais
Lorsque les merles sont tout près!”
“Alors, pourquoi es-tu faché?”
“J’ai bien évité la pluie
Sous la feuille du bananier
Et je me suis bien enfui
Lorsque le crabe est sorti,
Mais quand le merle m’a chassé
J’ai picoré un peu plus loin
Et il en a profité

Pour manger mon bout de pain!”


Sylvie M. Miller

Le Petit Arbre Roi

                Fronce le nez et montre-moi
                Comment fait le petit rat
                Et je te raconterai
                L’histoire du Petit Arbre Roi.

                Un joyeux petit arbre à pain
                Se balançait sur le torrent
                Trempant ses doigts de temps en temps
                Dans l’eau chantante du courant.

                “Je suis le Roi de la cascade!”
                crie-t-il à tous ses camarades.

                Un jour arrive un gros nuage,
                Le torrent se gonfle d’orage,
                Emportant tout sur son passage!

                Le Petit Roi déraciné
                Se retrouve dans la vallée.
                “Je suis un Bateau-Requin!”
                Crie-t-il, tout fier, à ses copains.

                Et puis, au bout de la rivière,
                Le Petit Roi trouve la mer
                Et un petit garcon qui pleure:
                “Le vent a cassé ma pirogue,
                Je ne pourrai jamais jouer
                A faire la course tout à l’heure!”

                “Monte sur le Bateau-Requin!”
                Lui dit le petit arbre à pain
                “Il te suffit d’être marin.”

                Et les voici hauts sur la vague
                Et les voilà qui ont gagné,
                “Je suis le Roi des Piroguiers!”

                S’écrie l’enfant émerveillé.


                Sylvie M. Miller

Le Crabe et le Coco

Краб хотел жениться,
Но он был слишком bringueur
И его друзья посоветовали ему
Чтобы получить свою жену в другом месте.

"На следующий Коко оставляет завтра"
Краб затем упаковал чемоданы
И сказал прощай своим друзьям.

После дня путешествия,
Они прибывают в теге.
"Там нет ничего, чтобы сделать отверстие!"
сказал разочарованы краб
"Давайте продолжать рифа!"

"Но есть только камни,
Нет земли для моих ног! "
Коко говорит очень беспокоит.
В то время как море грубо,
Большие волны, чудовищно.

"Я никогда бы не оставил
мой остров, чтобы жениться на мне "
сказал краб стоны.

"Я должен был остаться посадили
У подножия моей кокоса "
Коко говорит очень потрясен

После нескольких дней ветер,
Появится белая луна
Как указывается на берегу океана

Наши два друга поражаюсь
Думайте, что они, наконец, прибыли.
Мы никогда не видели их снова.
Но когда луна полная
Вы можете увидеть Motou,
Кокосовая пальма и дырявый!


Краб был жениться ...


Сильви М. Миллер

Le Bananier

Je prend sur le bananier
Une banane pour donner
A mon ami pour son dîner
Une autre pour mettre à terre
Pour mes amies les fourmis
Et la dernière pour manger

A midi pour mon dessert


Sylvie M. Miller

L'Abeille et la FLeur

Une abeille se promène
De fleur en fleur
“Prête-moi quelques couleurs!”
demande-t-elle à la plus belle.

La fleur est gentille et lui met
Un peu de marron sur le nez
Un peu de bleu dans les yeux
Et tout son rouge sur la queue.

“Comme je suis belle!”
Dit l’abeille impréssionnée
“N’oublie pas de colorier
Mon chapeau et mon panier!”

La fleur est toute étonnée:
“Mais il y a déja le jaune
Du soleil sur ton chapeau

Et du miel dans ton panier!”


Sylvie M. Miller

MISHA LE ROI

Aujourd’hui, Misha l’Ourson veut jouer à faire semblant. Il emprunte à Papa Ours son vieux manteau troué, couvre sa tête d’un panier et s’assied à l’entrée de la forêt.

“Est-ce le Roi de la forêt?” demandent les Abeilles qui s’en vont butiner.

“On ne Nous a pas Prévenue de son arrivée” s’indigne la Reine des Abeilles. “Portez-lui donc ce message: Nous, la Reine Mijorée Invitons sa Majesté à manger de Notre miel qui est le meilleur de la forêt!”

Alors, Misha le Roi demande à inviter aussi tous ses amis. “Pour manger le meilleur miel de la forêt, il faut avoir un Palais!” répond la Reine des Abeilles qui s’appelle Mijorée et présente à Misha Roi tous les plus beaux quartiers du délicieux gateau qui lui est reservé.

Mais voilà, sans ses amis, Misha le Roi s’ennuie et demande à emporter les parts qu’on lui a données. Il voudrait les distribuer à ses amis de la forêt.

Il y a là le Roi Bourdon  qui est un peu bougon “Qui donc est ce nouveau Roi qui ne sait même pas porter sa couronne, mais un panier?”

“Peut-être n’est-il plus de mise d’en porter?” suggère timidement une abeille butineuse

“Quoi?” dit le Bourdon courroucé, “Les Rois ne porteraient plus de couronne!? Alors qui les reconnaîtrait?”

“Moi” dit la Reine Mijorée “Et quel bon Roi, en vérité! Un Roi qui aime ses amis et voudrait les inviter à manger dans mon palais!”

“Cher ami” prononce-t-elle doucement, “qui sont tous ces amis dont vous parliez precédemment?”

“Petit Ane et Vieux Castor, Papa Lapin et sa famille, les Corbeaux et la Pie Perce-Neige, les Pics Verts et l’Escargot, les Chenilles et le Crapaud, Luciole et Dame Libelulle, Epouvantail et Cerf-Volant… et j’en oublie!” répond Misha le Roi tout fier de ses amis.

“Mais ce sont tous des roturiers!” dit le Bourdon faché. “des gens sans importance!”

“Pourrions-Nous les rencontrer?” demande la Reine intimidée par tant de connaissances…

Misha le Roi doit enlever son panier, son vieux manteau troué pour aller inviter tous ses amis de la forêt. Sinon, aucun ne le reconnaîtrait.

Mais dès qu’il est déshabillé, tout les gens du palais le reconnaissent: “Mais c’est Misha l’Ourson!” s’exclament les abeilles amusées,

“Je savais bien qu’il n’était pas un Roi comme moi!” dit très haut le Roi Bourdon ,

“Misha l’Ourson,”dit la Reine impréssionnée, “ tu es un très bon Roi, en vérité. Tu aimes tellement tes amis que tu es prêt à renoncer à ta couronne pour les trouver. Ce soir, Nous donnerons un banquet auquel seront conviés tous Nos nouveaux amis de la forêt!


Et c’est ainsi que ce soir-là, dans la clairière abandonnée, tous les amis de Misha Roi furent présentés à la Reine Mijorée et mangèrent des lampées du meilleur miel de la forêt!


©Sylvie M. Miller

MISHA L'OURSON ET LES PICS-VERTS

Aujourd’hui, dans la forêt, tout le monde est contrarié: 

Les Abeilles sont trés fachées, elles vont même déménager de leur arbre préféré!

Car Papa et Maman Pic Vert l’ont choisi pour faire leur nid.

Et avec tout le bruit que font Papa et Maman Pic Vert, les Abeilles ont décidé d’aller plus loin dans la vallée.

Misha l’Ourson a beau tourner ses petits bras, courir en rond comme un avion, rien n’y fait.

Il a beau expliquer aux deux Pics Verts que l'arbre qu'ils ont choisi pour faire leur nid est un arbre pour le miel des abeilles, il a beau leur crier de s’arrêter de travailler quelques instants pour l’écouter, les deux Pics-Verts martèlent le tronc et le creusent de plus belle.

Alors Misha l’Ourson a une idée: Il va faire l’épouvantail.

Il emprunte à Papa Ours son vieux manteau troué, couvre sa tête d’un panier et prend un air sévère pour faire peur aux Pics-Verts.

En le voyant les Pics-Verts ont effectivement très peur et s’envolent en criant, mais ses amis les corbeaux s’enfuient aussi en croassant et ses amis lapins se terrent!

Et soudain tout devient desert : Misha l’Ourson n’a plus d’amis!

Alors Misha l’Ourson leur crie: C’est moi, Misha l’Ourson! Revenez mes amis!

Les Corbeaux reviennent tout surpris, les Petits Lapins sautent et jouent autour de lui et même les Pics -Verts sont revenus faire leur nid.

Alors Misha l’Ourson et ses amis vont trouver un nouveau nid pour les Pics-Verts qui font du bruit.

Ils trouvent un bel arbre en plein milieu des champs, invitent les Pics-Verts à venir marteler.

Les Pics-Verts sont ravis. Bel arbre, en vérité! Bel arbre pour un nid!

Les Abeilles peuvent garder leur arbre préféré.

Misha l’Ourson peut s’amuser, n’a plus besoin d’être sévère

Et les Pics-Verts peuvent désormais taper, taper, sans déranger, autant de fois que nécéssaire!


Bravo Misha l’Ourson! Bravo à tes amis!


©Sylvie M. Miller

LE JARDIN COUVERT DE NEIGE

Il est parti, le corbeau. 

Regarde, il a quitté son nid.  J’ai le temps de raconter l’histoire du loup et du berger. C’est une histoire très ancienne et plus rapide à raconter que le passage d’un corbeau sur le haut des peupliers.

« Chaque jour, dans la montagne, dès que l’aube se montrait, un petit berger allait faire boire ses chèvres au ruisseau près d’un jardin couvert de neige. Les loups rôdaient dans la région et chaque nuit, plusieurs cabris et des enfants dans le village, disparaissaient.

Les parents du petit berger étaient inquiets. Son père lui avait donné une branche de noyer pour défendre son troupeau, sa mère, un sifflet creusé dans du bois de peuplier, pour appeler.

Un jour, un loup était entré dans le jardin couvert de neige.

Le petit berger le vit car il l’avait suivi de loin, en même temps qu’il conduisait ses chèvres boire près du jardin.

C’était le seul jardin connu de cette région montagneuse. Les peupliers y abondaient, hautains, blancs et solitaires. Ils ne respiraient jamais. Aucun bourgeon ne s’y ouvrait. Aucun oiseau ne s’y posait. Et quand le ciel de la saison tournait au bleu, il restait lourd et plein de neige au-dessus d’eux.

Seuls quelques nids de corbeaux s’engourdissaient dans les branches et le rire d’une petite fille s’envolait de temps en temps, comme une pie dans le silence.

Le village était très loin et, mis à part l’enfant berger, aucun enfant ne venait s’amuser près du jardin. Alors, dès qu’elle entendait bêler dessous sa fenêtre, la petite fille se levait et le front sur le carreau, elle regardait de tous ses yeux, le petit berger pouilleux et son équipée de chèvres.

C’est ainsi qu’elle aussi vit le loup entrer dans son jardin.
« Il y a un loup dans le jardin ! Il essaie de s’échapper mais les murs sont trop hauts et la neige trop profonde ! »

« Bien fait ! » répliqua sa mère, « il a assez volé d’enfants dans les villages de montagnes, assez volé de cabris ! Oublie le loup, viens te laver. Les chiens vont s’en occuper ! »

La petite fille protesta et, sanglotant, elle cria au loup comment s’échapper.

« Là-bas, derrière les peupliers : le gel a fait tomber le mur ! » puis, sanglotant de plus belle « Attends Loup, je vais t’aider, Je vais retenir les chiens et tu pourras t’en aller ! »

Le petit berger savait que le loup était trop grand, trop grand et trop affolé pour qu’elle puisse s’en approcher. De là où il se tenait, il ne voyait que les branches des peupliers qui craquaient tandis que le loup sautait, toujours plus haut pour s’échapper.

Alors, l’idée de ce grand loup qui s’épuisait parmi les arbres immobiles et couverts de neige, le fit abandonner ses chèvres et s’introduire dans le jardin.

« Loup, » souffla-t-il  « Viens près de moi. Les chiens me connaissent bien. »

« Toi aussi, je te connais. Tu es l’enfant d’un chevrier. Tu ne peux pas vouloir m’aider, »

« Je vais t’aider. Fais-moi confiance. Et puis, tu n’as pas le choix. »

Ensemble, ils firent, entre les arbres, des arabesques qui donnaient le tournis aux chiens des maîtres, ils enjambèrent les ruisseaux et s’envolèrent comme des perdrix là où, derrière les peupliers, le gel avait cassé le mur…

Mais le petit troupeau de chèvres était parti à leur retour. Les mères avaient senti le loup et, pour cacher leurs petits, s’étaient enfuies. Le petit berger n’avait plus de chèvres à garder et bientôt, il le savait, quand le village l’apprendrait, il n’aurait plus un seul ami.

« Moi, je serai ton ami. » dit le loup.

« Toi ! » s’écria le berger « Toi, le loup, je te connais ! Dès que le froid te prendra à l’estomac, tu me tueras pour me manger. »

« Alors, pourquoi m’as-tu sauvé ? »

Ensemble, ils prirent un chemin qui menait loin du village et vécurent comme des brigands. L’enfant berger trouva des chèvres égarées dans la montagne et reforma son troupeau. Jamais il n’eut à souffler dans son sifflet de peuplier, jamais il n’utilisa son grand bâton de noyer. Le loup l’aidait à ramener les cabris qui s’égaraient…

Un jour, ils revinrent enfin, boire au ruisseau du jardin.

La petite fille avait grandi. Dès qu’elle entendit bêler le troupeau sous sa fenêtre, son joli rire de grelot résonna dans la maison :

« C’est le loup ! Je le savais ! Je savais qu’il reviendrait ! »

Elle n’eut d’yeux que pour lui, ne voyait pas le berger qui pourtant lui souriait de son état de chevrier. C’était le loup qu’elle attendait.

Alors, le berger sortit son grand bâton de noyer :

« Loup, n’aie plus confiance en moi. Enfuis-toi ! »

« Alors, pourquoi m’as-tu sauvé ? » dit le loup encore une fois

Et il entra dans le jardin couvert de neige.

« Il y a un loup dans le jardin ! » s’écria la jeune fille  « Le malheureux est prisonnier ! Les murs sont hauts, la neige profonde ! »

« Bien fait ! » répliqua sa mère « Il a assez volé d’enfants dans les villages de montagne, assez volé de cabris ! Laisse les chiens s’en occuper ! »

Mais, cette fois, la jeune fille descendit dans le jardin.

« Loup, » souffla-t-elle « Viens près de moi. Les chiens me connaissent bien. »

« Toi aussi,  je te  connais. Tu es pareille au chevrier. Tu ne peux pas vouloir m’aider. »

« Je vais t’aider. Fais-moi confiance. Et puis, tu n’as pas le choix. »

Ensemble, ils firent entre les arbres, des arabesques qui donnaient le tournis au chevrier. Ils enjambèrent les ruisseaux et s’envolèrent comme des perdrix là où, derrière les peupliers, le gel avait cassé le mur.

A leur retour, le chevrier était parti. Il avait pris son troupeau et laissé près du ruisseau sa longue branche de noyer. On ne le revit jamais. Jamais non plus, on ne revit la jeune fille. On dit qu’elle pleure son chevrier, que le loup guette les troupeaux pour pouvoir le retrouver.

Quand les enfants du village se remirent à jouer, la neige sur les peupliers avait fondu. Et si parfois, on entendait une pie voler, on s’asseyait pour écouter l’histoire du loup et du berger.

C’était une histoire ancienne et plus rapide à raconter que le passage d’un corbeau sur un jardin couvert de neige..

D’ailleurs, tu vois, j’ai terminé et le corbeau n’est pas rentré.

© tous droits reservés                                                                                                Sylvie  M. Miller

NEIGE, LE P'TIT CORBEAU


Loin, dans le grand nord canadien, dans l’immensité blanche traversée de bouleaux, les bois craquent en ployant sous le poids imprévu de la neige fraîchement tombée. 

Un vieux corbeau se dresse et s’étire avant de s’envoler. Ce faisant, il dérange une flopée de neige qui s’abat sur un nid à quelques branches au-dessous de lui.

Le nid s’incline sous le choc, un œuf tombe dans le vide.

Un grand silence absorbe la chute de l’œuf dans la neige. Il y a comme une torpeur venant des arbres, une tension muette. Les corbeaux ont à peine le temps de se remettre de leur surprise, qu’apparaît sur la piste un court traîneau à chiens conduit par un petit garçon aux joues rouges. 

Soudain, d’une petite voix claire et forte, le petit garçon crie un seul mot et la meute s’arrête: Il a repéré, au pied d’un bouleau, le trou qu’a fait l’œuf en tombant dans la poudreuse. L’enfant descend de son traineau, s’approche et aperçoit dans le creux de la neige, un gros œuf à coquille bleue, un œuf de corbeau. Il relève la tête, scrute les branches au-dessus de lui. 

Le nid est bien là, mais si haut perché qu’il serait impossible de l’atteindre pour y replacer l’œuf. 

Pourtant un œuf est fait pour rester bien au chaud sous le ventre de sa maman, sinon le bébé oiseau qui en sortirait pourrait mourir de froid et de faim. Le petit garçon retire une de ses moufles et y introduit l’œuf, délicatement, afin de ne pas le casser, puis place la moufle bien au chaud à l’intérieur de son anorak, remonte sur son traineau et d’un seul mot relance ses chiens sur la piste. 

Alors, tous les corbeaux, les vieux mâles, les jeunes, les mères des nichées, tous les corbeaux se joignent au désespoir de la maman du petit œuf bleu. La forêt se remplit de croassements rauques, la neige se couvre de l’écorce des bouleaux que dans leur colère ils arrachent mais les aboiements des chiens ont raison de tout ce vacarme et le petit garçon qui n’a rien entendu file à travers bois vers sa maison

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NEIGE, LE P'TIT CORBEAU

LES MOIS ET LES SAISONS

Janvier est le tout premier mois de l’année
Février voit encore de la neige tomber
Au mois de mars enfin c’est le joli printemps
Qui vient en giboulées et passe dans le vent
Laissant le mois d’avril arroser nos jardins
Et préparer les fruits pour le chaud mois de mai
Juin reçoit les enfants dès le petit matin
En vandales joyeux, dans ses arbres fruitiers
L’été fond en juillet sous l’intense chaleur
Et se rosit les doigts de groseilles au mois d’août
En septembre les bois résonnent de chasseurs
Puis teintent en octobre leurs feuillages de roux
Le tonnerre se fait messager de l’automne
Lorsque novembre pleure sur la terre mouillée
Puis c’est décembre enfin et l’hiver qui s’étonne
Des bêtes qui sommeillent au fond de ses forêts


Sylvie M. Miller

Misha l'Ourson et le Raton Laveur

Vieux-Castor se réveille toujours à l’aube. Mais aujourd’hui, un bruit étrange le réveille encore plus tôt que d’habitude! Une sorte de rat mouillé est très très occupé à nettoyer son barrage!

“Bonjour, mon cher ami,” dit la sorte de rat mouillé, “ je ne voulais pas vous réveiller, mais maintenant que vous êtes debout, peut-être pourriez-vous m’aider?”

“Vous aidez à quoi faire?” demande Vieux Castor encore tout endormi

“A laver, mon cher ami. Je m’appelle Raton et je suis laveur de métier.” Puis il se remet à frotter tous les bois, toutes les branches et brindilles que Vieux Castor a empilés.

“Vous devriez vous reposer” dit Vieux Castor qui a bien peur de voir son barrage s’écrouler.

“Pas le temps!” dit le rat mouillé, “je dois tout nettoyer!”

“Que lavez-vous exactement?” demande Vieux Castor

“Je lave les poissons avant de les manger, les pommes, les myrtilles, je lave les radis et je lave aussi les barrages!”

“Que faire?” se demande Vieux Castor, tout inquiet, “Ce petit rat bien sympathique pourrait bien tout m’abîmer!” Et il va chercher sa voisine, la jolie Pie Argentine dans son beau nid-bateau. A eux deux, ils trouveront bien une idée…

Mais elle est bien trop occupée à attraper les reflets que le soleil fait sur l’eau . “J’ai beaucoup trop à faire” dit-elle toute éssoufflée “ Allez donc voir Misha l’Ourson: il a toujours de bonnes idées.”

Vieux Castor se dépéche d’aller chercher Misha l’Ourson avant que tout son barrage ne s’écroule dans la rivière!

Misha l’Ourson a une idée: Tous les amis de la forêt vont aider Raton Laveur à tout laver : Petit Ane tirera pour déplacer le bois, les Pics-verts taperont pour faire tomber la poussière, Hérisson frottera pour polisser tout le ponton, les Frères Lapins creuseront pour refaire les passages et les corbeaux croasseront pour entraîner leurs compagnons!

Et Misha l’Ourson? Que fera Misha l’Ourson?

Lui et Vieux Castor ont préparé un grand goûter où tout le monde pourra manger: du miel de chez les Abeilles, des oeufs qui viennent du poulailler, du lait, du beurre et du fromage de la vache du fermier et des chardons pour Petit Ane.

Ainsi, Raton Laveur a à peine le temps de se laver les mains que le barrage est nettoyé!

Plus besoin de s’inquièter! Faisons la fête avec notre nouvel ami!


©PPP Sylvie M. Miller

Misha l'Ourson et le Cerf - Volant

Il fait beau! Misha l’Ourson va pouvoir se déguiser pour aller jouer dans les champs!

Il s’habille en Epouvantail, mais personne ne veut jouer avec un Epouvantail!

Ce serait mieux de faire l’Avion, pense Misha l’Ourson. Il bouge ses petits bras et court en rond comme un Avion. Une dame libelulle arrive en vrombissant, le prend pour une amie qu’elle n’a pas vue depuis longtemps et l’invite à survoler l’étang…

Misha l’Ourson vrombit aussi, se fait porter par ses amis Corbeaux pour survoler l’étang!

Mais arrive un Cerf-Volant, très digne dans le vent! Les Corbeaux affolés lâchent Misha l’Ourson qui tombe dans l’étang!

“Es-tu Misha l’Ourson?” demande le Cerf-Volant.

“Non” dit Misha l’Ourson, “je suis l’Epouvantail qui joue à faire l’Avion!”

“Et moi” dit le Cerf-Volant, “je suis l’Epouvantail-Volant! J’appartiens à un Petit Garçon qui cherche Misha l’Ourson”.

“C’est Moi!” s’écrie Misha l’Ourson. “Je ne suis pas un Avion, pas même un Epouvantail. Je suis bien Misha l’Ourson. Où est le Petit Garçon?”

“Accroche-toi Misha l’Ourson, accroche-toi comme un Ballon!”

Et tous deux s’en vont trouver ce mystèrieux Petit Garçon.


© PPP Sylvie M. Miller